Dani Terreur, artiste aux multiples casquettes

dani terreur

Me voilà de retour aux Trois Baudets ce mercredi 31 janvier pour le concert de Dani Terreur. 21 heures sonne en silence, alors que Dani s’apprête à entrer sur le ring face à son public. Les lumières sont tamisées ne dévoilant pas même son visage, amplifiant le mystère pour ceux qui ne le connaissent pas. Il n’y a de terreur que son nom, puisque sa musique pop nous invite progressivement à plonger avec lui dans Le Fleuve pour suivre une sirène. Les sirènes de l’amour. 

À chaque titre, on change d’ambiance, de décor et d’émotion. De la douceur des eaux, on retrouve La Nuit du Chasseur. Les criquets semblent chanter rappelant la chaleur de la nuit tombante, malgré des paroles plus inquiétantes. Les contrastes se mêlent ; sous une apparente tranquillité, le danger rode :

« La nuit, tu sors les crocs, tu marches sur l’eau, tu brilles. La mort te va comme un gant, tes yeux morts-vivants, me glace le sang. »

C’est à travers différentes images que Dani transpose les relations amoureuses dans ses chansons en faisant référence à des figures mythiques ou simplement à l’instinct animal que nous pouvons avoir comme avec Amour Chienne. L’amour c’est doux comme Le Fleuve, mais c’est aussi violent et c’est ce que parvient à préfigurer Dani Terreur dans ses chansons, capables de devenir un exutoire pour celui qui l’écoute. Sur scène, il n’hésite pas à changer de version, à apporter des intentions nouvelles, transformant la rage en sensualité sur A Bout de Souffle.

Ce soir, le public est plutôt sage. On prend assez peu part au show, mais il est tout autant intéressant de regarder le garçon à l’œuvre. Alors qu’il y a un an Dani Terreur était entouré de son groupe, il est désormais en formation solo et on doit dire qu’il s’en sort plutôt bien. Seul au milieu de ses instrus, guitare en bandoulière, synthé d’un côté, arrangement électronique de l’autre, il est plongé dans son univers, comme si l’espace pas bien large formait autour de lui une bulle.

Nous l’observons avec une sorte d’émerveillement se balader d’un côté puis d’un autre, prenant plaisir à ce jeu, nous donnant l’impression de se démultiplier sans fournir le moindre effort : voilà où réside la magie de son talent. Si Dani Terreur au milieu de son groupe prenait le costume du bébé rockeur, jouant de son charme pour délivrer ses textes, il prend désormais la casquette de DJ. Au fil du set, les sonorités s’éloignent de l’univers pop pour devenir de plus en plus électroniques et entrainantes. Les paroles se font plus rares, pour laisser davantage d’espace à la partie instrumentale comme Le Goût de l’Aventure.

Dani terreur termine en rappel avec Montagne Sacrée en guitare-voix pour revenir à davantage de douceur. Plutôt que de nous ramener vers la terre ferme, Dani préfère prolonger le voyage en nous emmenant dans des paysages splendides au-dessus de l’enfer :

« Un jour je vous guiderai, vers ces visages lactés, vers ces villes ensoleillées, vers ces étoiles couchées. »

Dani Terreur est un artiste intéressant avec un univers à la fois accessible et personnel, venant titiller nos émotions personnelles et notre imagination. Sur scène, il déploie ses talents multiples et prouve sa capacité à gérer à lui seul une salle. Gri-gri était un premier album réussi et efficace. Grâce à quelques inédits qu’il nous dévoile, il laisse présager encore de bonnes choses pour la suite.

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