Hubert Lenoir à La Boule Noire : la révélation glam-rock

Hubert Lenoir chronique

Il y a des concerts qui chamboulent, nous donnant un uppercut là où il faut. C’est la sensation que j’ai eue mercredi 6 février, en allant voir Hubert Lenoir à La Boule Noire. Première date en France, le concert affichait complet depuis 10 jours. Je n’aurai pas dû y être – moi et mes bonnes habitudes de tout faire à la dernière minute – mais la chance était de mon côté, puisqu’à H-2 de l’événement j’ai réussi à trouver une place.

Hubert Lenoir est un jeune franco-québécois de 24 ans aux allures androgynes; maquillage noir, lèvres rouges et boucle d’or pendue à l’oreille. La veille, le 5 février, il sortait son premier album Darlène. Il fallait bien fêter ça dignement !

Ils étaient 7 sur la petite scène de La Boule Noire. Ils ont ouvert la soirée avec La Fille de Personne I, morceau instrumental qui nous a pris comme une vague, montante puis descendante, avant de nous engloutir tel un raz-de-marée. Puis Hubert Lenoir a frappé direct avec La Fille de Personne II, titre qui l’a révélé. Pas besoin d’attendre les trois quarts du concert pour que l’ambiance soit au rendez-vous. Le charisme du personnage et sa voix si particulière nous a immédiatement envoûtés. La multitude d’instruments – clavier, batterie, basse et guitare – est enveloppé par un saxophone qui ajoute de son charme.

Son univers pop fonctionne. Peu importe le nombre de fois que nous avons écouté ses titres, nous retenons vite les paroles. Hubert Lenoir raconte des histoires qui nous plaisent et auxquelles nous avons envie de nous identifier, un peu rebelle, un peu sensuelle, une lumière chaleureuse au milieu de la profondeur.

“Je suis venu te dire que tu peux changer,

J’ai vu un avenir de femme libérée,

Tu portais le cuir et la tête rasée,

J’ai vu ton avenir.”

Ses messages font du bien à l’âme et nous donnent envie d’être qui on a envie d’être.

Il a également d’autres morceaux plus exigeants comme Momo qui révèle son génie même quand il ne chante pas. Pour l’occasion, il a invité une volontaire à venir partager une danse avec lui. Pendant que les musiciens jouaient, il s’est lancé dans un corps un corps qu’il guidait. L’ennui n’existe pas avec Hubert Lenoir. Il met en valeur, sublime la beauté d’une musique par un instant partagé.

Le jeune auteur-compositeur saute avec aisance d’un style à un autre : pop, psychédélique, rock, jazz… Et tout est bon ! Rien d’étonnant à ce que la population du public était aussi variée ce soir ; le talent parle à tous. Tantôt nous dansions sur Ton Hôtel, tantôt nous contemplions leur jeu dans une sorte de fascination étrange. Quand les musiciens se mettaient en transe sur leur instrument, c’était organique. Ça prennait aux tripes.

À chaque morceau son ambiance. Hubert Lenoir est passé d’un moment fort à un autre. Désinvolte, il embrassait son guitariste Anatole ou a partagé un duo romantique avec sa choriste alors que nous étions assis à leurs pieds. Il s’est lancé dans le public pour slamer. Bien qu’il s’est cassé la figure une première fois, cela ne l’a pas empêché de revenir à cinq reprises. Il semblait ne jamais en avoir assez et nous non plus.

Moment de break durant le concert, les musiciens sont venus partager le devant de la scène à tour de rôle pour chanter une reprise. La salle s’est transformée en un immense karaoké. Le public a repris en chœur Oasis puis Garou, ça ressemblait à du grand-n’importe quoi et c’est ça qu’était bon.

Ils ont joué Recommencer en rappel, sans oublier l’entêtant Et Si On s’y Mettait, sublime reprise de Jean-Pierre Ferland. Même quand on a cru que c’était terminé, la vedette et son groupe en ont remis une couche éternisant le concert sur une note beaucoup plus rock dont une troisième version de La fille de Personne qui hurlait fort. L’occasion pour le public de se lancer dans un ultime pogo, se lâchant définitivement après une heure quinze de show.

Un concert intense dont j’en suis sortie titubante, le visage en sueur et le dos cassé mais avec une sacré dose de sérotonine. Hubert Lenoir est sans conteste la révélation de ce début d’année, incarnation du glam-rock.

Il sera de nouveau sur scène le 17 avril à La Maroquinerie. Une chose est sûre : cette fois, je n’attendrai pas la dernière minute pour prendre ma place !

 

Clip Recommencer – Hubert Lenoir
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