Une version féminine de Macbeth mise en scène par Terry Misseraoui

Un an après “Juste La fin du Monde”, Terry Misseraoui a mis en scène Macbeth, un classique de William Shakespeare. Une pièce sombre et exigeante qui mêle cupidité et culpabilité.

À peine le rideau levé sur la petite scène du Théâtre Montmartre Galabru , le ton est donné : le tonnerre gronde, présageant les tumultes qui vont suivre. Macbeth revient d’une bataille victorieuse avec Banquo lorsque tous deux font la rencontre d’étranges créatures annoncées par des bruits grinçants et inquiétants.
Des sorcières maléfiques viennent révéler à Macbeth qu’il va devenir le futur dirigeant. Poussé par Lady Macbeth, il va assassiner le Roi pour obtenir le titre promis.

L’originalité de cette interprétation réside dans le personnage de Macbeth incarné par une femme. La pièce prend une toute autre dimension : celle de l’affirmation du sexe “faible” au milieu d’un monde d’hommes. Une vision de la pièce féministe et moderne qui traite également de l’homosexualité.

Le régicide signe la lente descente aux enfers des personnages. Macbeth et Lady Macbeth s’enfoncent chacune dans leur folie. L’héroïne principale alterne crise paranoïaque et folie meurtrière, des phases maniaco-dépressives que l’actrice joue à merveille, changeant d’expression en un claquement de doigt, une lueur de démence dans les yeux. Puis, vient le tour de Lady Macbeth. Après la perte de leur enfant, elle est prise de crises de somnambulisme. Le couple auparavant uni dans les pires épreuves s’éloigne hanté par leurs démons respectifs

Les décors sont minimalistes : un trône rouge au milieu de la scène. Terry Misseroui mise sur la symbolique pour renforcer l’univers de la pièce. Les costumes en noir et rouge sont à l’image des meurtres sanglants et de l’obscurité qui viennent engloutir les âmes de nos protagonistes. Ce sont également les couleurs du théâtre : les planches noires et le rideau rouge, comme si tout se fondait dans le décor pour ne laisser apparaître que l’essentiel.

À chaque nouvelle apparition des sorcières, le public se sent oppressé. Une représentation du mal digne d’un film d’horreur avec une belle esthétique fantasmagorique.

Une grande importance est accordée aux mains ; elles sont à la fois les responsables et les témoins des meurtres. Dès lors qu’elles sont tâchées de sang, elles ne retrouveront jamais leur blancheur. Ce qui est fait est fait et cela ne peut aller que de mal en pis.

Pour cette seconde représentation, on relève quelques petits couacs : des problèmes de sons venant affaiblir une scène clé de la pièce et quelques cafouillages dans les répliques, mais rien de réellement dramatique.

Terry Misseraoui ajoute sa touche personnelle à ce classique du théâtre. Changer de sexe au personnage principal, il fallait oser ! Une pièce qui vaut le coup d’oeil avec quelques scènes marquantes.


En représentation tous les vendredis jusqu’au 26 avril au Théâtre Galabru.
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